Josep Lluis Mateo est l’architecte catalan qui travaille aux côtés de Kaufman@Broad à la réalisation du projet d’aménagement urbain de Marinadour. L’architecte, dont l’agence de 40 personnes est basée à Barcelone, s’est illustré dans de nombreux projets locaux et internationaux à l’image du siège de la Bundesbank dans Chemnitz (1996, Allemagne), de l’office building « the Factory » à Boulogne Billancourt. Il vient d’achever un imposant chantier en Hollande, la prison des femmes de Barcelone, la cinémathèque catalane de Barcelone, etc. Il compte d’autres projets d’envergure à l’image d’un imposant complexe de 100 logements à Toulouse Blagnac, du pôle multimodal de Nice ou encore de ce projet Marinadour à Bayonne.
Quelle est la genèse de ce projet architectural ?
Josep Lluis Mateo : Notre projet a été retenu en 2006, au terme d’un concours de promoteurs concepteurs. Dix équipes ont été retenues sur dossier, trois d’entre elles ont ensuite été sélectionnées au regard d’un premier projet. Et nous avons donc été désignés comme lauréats de ce projet d’aménagement avec Kaufman&Broad, en charge de sa réalisation. C’était la première fois que nous travaillions avec eux sur pareil projet. Ce partenariat a ouvert la voie à de nouveaux projets depuis, comme Toulouse Blagnac. Pour mûrir ce projet Marinadour, je suis venu plusieurs fois à Bayonne pour appréhender le pays, la ville. C’est un projet passionnant et majeur pour la ville.
Quelles sont les particularités de ce dossier ?
Josep Lluis Mateo : Ce projet est important à l’échelle de la ville de Bayonne. Il s’agit d’une entrée de ville, proche du centre historique, dont il convient d’appréhender la relation d’avec le fleuve. L’idée est d’affirmer une vocation plus urbaine, centrale, tout en valorisant l’aspect paysager, avec l’insertion de grands arbres en façade. Les enjeux sont très forts au premier rang desquels le fait de respecter et de conforter la présence de la nature. Dans ce cadre, Michel Desvignes, le paysagiste, s’est attaché à étudier la présence de la nature dans la ville. L’idée de la ville verte a été prédominante pour élaborer ce projet. Le deuxième enjeu était de maîtriser le trafic. Nous avons donc étudié les moyens de le réorganiser, de le pacifier en cette entrée de ville. Après, la relation au fleuve a également été appréhendée. Il s’agissait en effet de s’ouvrir toujours plus au fleuve. Nous avons également privilégié la qualité des logements avec une ouverture vers le fleuve, la montagne, le soleil.
Cet aménagement de renouvellement urbain impose une certaine densification :
Josep Lluis Mateo : Nous avons limité les hauteurs à R+5, car notre souci était de limiter la volumétrie sur la ville. Seul, un bâtiment de 30 mètres de haut a été pensé pour marquer l’ouverture vers la ville. La mixité des usages a été privilégiée pour cet espace d’entrée de ville : logements, commerces, hôtel, résidence pour seniors. Une constellation de jardins viendra protéger les bâtiments. Avec le fleuve tout proche, des espaces de promenades de part et d’autres, nous aurons le sentiment d’un espace pacifié. Il y aura aussi un espace promenade du côté BAB, doté d’un parc. Par ailleurs, les matériaux naturels seront ici privilégiés, comme du bois, du zinc...





