Comment les Technologies de l’Information et de la Communication peuvent-elles participer au Développement Durable ? Sur un plan local comme national, cette question a été posée. Ateliers organisés à la Technopôle Izarbel ou rapport gouvernemental, l’objectif est de rendre l’informatique plus verte mais aussi d’encourager les TIC.
La contribution des technologies de l’information et de la communication (TIC) au développement durable était le thème d’une manifestation organisée à la Technopôle Izarbel, le 02 avril 2009. Cette journée « TIC & Vert », inscrite au programme officiel de la « semaine nationale du développement durable », consistait en une journée d’ateliers et de conférences.
D’un côté, les TIC, ces nouvelles technologies de l'information et de la communication qui révolutionnent, depuis une dizaine d’années, notre façon de communiquer (et de vivre parfois). Si l’internet illustre merveilleusement l’essor des TIC, la télévision numérique, la téléphonie mobile ou bien encore le développement de la micro-informatique participent à cette révolution.
De l’autre côte, le développement durable, défi des sociétés d’aujourd’hui face au bouleversement climatique annoncé. Comment assurer croissance et progrès, et donc développement économique, sans pour autant condamner les ressources naturelles des générations futures ?
Partout, on s’interroge, on réfléchit, on étudie et on lance des initiatives. Que cela soit au niveau national avec, par exemple, les objectifs du Grenelle de l’environnement ; au plan local, avec le plan climat territorial de l'Agglomération ; mais également au plan individuel puisque beaucoup de citoyens se sentent concernés ; et enfin au niveau d’entreprises qui intègrent désormais la notion de développement durable dans leurs produits et services.
TIC et Environnement
Dans tous les secteurs de l’économie, le vert est à la mode. Labels bio, commerce équitable, technologies moins polluantes, recyclage, formations aux nouvelles normes ou bien énergies renouvelables, on a assisté à la naissance d’une filière économique spécifique qui touche tous les secteurs de l’économie française. Les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) n’échappent pas à cette tendance. Comment la notion d’écocitoyenneté peut-elle se transformer en marché économique et plus spécifiquement dans le domaine des NTIC ? « C’était l’enjeu de la journée TIC & Vert organisée à la Technopôle. Les TIC, dans leur ensemble, participent à moins de déplacements, à de l’optimisation, à de la rationalisation, à de la consolidation notamment des systèmes techniques » répond Yves Boutin Desvignes, patron d’Exakis, une société de services informatiques créée, et basée, à la Technopôle Izarbel en 2001 et qui emploie aujourd’hui près de 300 personnes. C’est justement à l’initiative d’Exakis qu’a été organisée la manifestation « TIC & Vert ». L’objectif était de démontrer que si les TIC améliorent déjà les performances des entreprises, elles peuvent aussi contribuer à préserver l’environnement. Un courrier électronique ou un coup de fil sont moins polluants qu’un déplacement en voiture mais quelles pollutions engendrent-ils ? Enfin, peut-on parler d’informatique verte ?
Un rapport officiel sur le sujet
En décembre 2008, un important rapport a été remis à Jean-Louis Borloo et Christine Lagarde. Le sujet ? TIC et Développement durable. Etabli par Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable et par le Conseil Général des Technologies de l’Information, il est téléchargeable gratuitement sur internet. S’il est long de presque cent pages, ses auteurs ont eu la bonne idée de l’introduire par une synthèse. Bonne nouvelle : les TIC participent à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Elles offrent de multiples opportunités pour répondre à l’objectif ambitieux de réduction de la consommation énergétique que s’est fixée la France. Mauvaise nouvelle : la consommation énergétique de ce secteur est loin d’être optimisée et la filière de récupération et de traitement des déchets n’est pas au niveau d’efficacité voulu. De plus, par rapport à nos grands voisins européens, la France serait 2 à 4 fois moins efficace dans ce domaine.
Au final, les technologies de l'information et de la communication peuvent permettre d'économiser de 1 à 4 fois leurs propres émissions de gaz à effet de serre mais, à l'inverse, elles constituent désormais, à la hauteur de 30%, le premier poste de consommation d'électricité des ménages.
Combattre les équipements « énergivores ».
Les auteurs du rapport ont développé 19 recommandations visant à rendre les TIC plus sobres en énergie ou à promouvoir leurs usages permettant des gains en carbone. Création de labels pour les équipements électroniques, récupération de chaleur ou développement du télétravail, autant d’idées publiées dans ce rapport passionnant. A lire donc. Du côté des entreprises, certaines sociétés comme Exakis se lancent dans des actions visant à réduire leur impact sur l’environnement. Début avril, Exakis a lancé son bilan carbone afin d’analyser, avec précision, les dépenses en énergie de ses sept implantations françaises. Sans attendre le résultat de cette étude, Yves Boutin Desvignes a déjà opéré des changements dans son entreprise : « nous avons, depuis un an, mis en place un centre de traitement des données informatiques unique à Paris qui remplace les sept autres utilisés précédemment et dispersés dans toute la France. Cela économise de l’électricité, de la place avec les dépenses énergétiques associées et aussi, bien sûr, du déplacement. » Ces actions sont également un moyen de fédérer les employés de l’entreprise autour d’une démarche citoyenne mais aussi de se créer une image valorisante auprès de ses clients à qui on espère vendre des services issus des TIC. Une démarche autant écologique qu’économique au service de tous.






