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Les politiques publiques 

Mise en oeuvre de la stratégie pour l'agriculture urbaine

©Archives Agglo/Balloide

L’Agglomération Côte Basque - Adour a réalisé, en lien avec les communes, une étude sur la place et les perspectives de l’agriculture urbaine. Elle a été menée sur le territoire des cinq villes de l'Agglo, en 2014-2015, par Euskal Herriko Laborantza Ganbara (EHLG), Biharko Lurraren Elkartea (BLE) et SOLAGRO.

Portrait et contexte 

L’agriculture valorise 445 ha sur le territoire de l’Agglo Côte Basque - Adour auxquels pourraient être ajoutés 170 ha aujourd’hui non exploités mais au fort potentiel agricole. Bien que diversifiée, l’agriculture est dominée par la culture du maïs (57 % de la Surface Agricole Utile) et la prairie (32%). 25 fermes existent encore dont le siège d’exploitation est situé dans l’agglomération : 11 maraîchers, 4 horticulteurs, 5 céréaliers pluriactifs, 3 éleveurs et 2 apiculteurs - soit 82 actifs et 158 ha valorisés. Si les productions traditionnelles maraîchères et horticoles sont moins présentes en terme de surface que le maïs et la prairie, elles constituent le «cœur de l’activité agricole» de l’agglomération représentant 2/3 des fermes. Elles génèrent le plus d’emploi et de valeur ajoutée, et sont principalement orientées vers les circuits courts. L’agglomération, terre maraîchère historique, accueille aujourd’hui encore près de 20 % des maraîchers du Pays Basque.

Une pression foncière, mais des opportunités de développement

La pression foncière remet en question la viabilité économique de l’activité agricole, entraînant une disparition probable de toute activité agricole sur le territoire à échéance de 20 ans, si rien n’est entrepris. Près de la moitié des chefs d’exploitation ont plus de 50 ans et de nombreuses fermes sont sans perspective de reprise. La plupart des paysans sont propriétaires de leur foncier. Entre 2000 et 2010, 59 % de la SAUa disparu, soit près de 600 ha perdus : par artificialisation (pour 200 ha), ou au profit de friches et de prairies d’agrément, notamment pour des raisons de précarisation de l’activité agricole, d’enclavement de parcelles ou encore de gel spéculatif. Depuis 1970, 75 % de la SAU a disparu sur le territoire de l’agglomération et aujourd’hui encore 42 % des surfaces exploitées sont situées en zone urbanisable.

Cependant, des opportunités sont à saisir afin de permettre à l’agriculture urbaine de se maintenir, voire de se développer. En effet, l’agglomération représente le plus important bassin de consommation du Pays Basque et les consommateurs s’orientent davantage vers les produits locaux de qualité et les circuits courts ou de proximité. De plus, si les espaces agricoles ne représentent plus qu’environ 5 % de la superficie de l’agglomération, l’agriculture contribue toujours à l’entretien des paysages et des milieux, ainsi qu’à l’atténuation des risques naturels.

Une feuille de route pour relever deux défis 

Face à ce constat, l’Agglo Côte Basque - Adour a adopté en avril 2016 une feuille de route pour sécuriser le foncier agricole et développer une agriculture viable économiquement, adaptée au contexte urbain et qui réponde aux enjeux du cadre de vie. La feuille de route prévoit d’ :

  • adapter les règlements d’urbanisme pour pérenniser la vocation agricole des parcelles exploitées ou ayant un potentiel agronomique intéressant, notamment en identifiant les secteurs où l’activité agricole pourrait être affirmée,
  •  contribuer à limiter la spéculation foncière, en saisissant systématiquement la SAFER pour qu’elle exerce son droit de préemption en révision de prix lorsque les prix pratiqués sont abusifs,
  •  réaliser des acquisitions ciblées pour protéger les espaces agricoles stratégiques, limiter la spéculation foncière, permettre les compensations foncières et pérenniser l’usage agricole,
  • mettre en place des partenariats renforcés avec les acteurs du foncier (SAFER, EPFL, LURZANDIA) et le monde agricole (représentants professionnels locaux, organismes de développement agricole),
  •  informer les propriétaires pour les inciter à remettre en culture les parcelles ayant un potentiel agricole intéressant,
  •  favoriser l’installation d’agriculteurs sur le territoire communautaire, notamment en productions adaptées au milieu urbain,
  •  conforter les exploitations existantes ;
  • accompagner les agriculteurs vers des pratiques toujours plus durables pour continuer à améliorer la qualité du cadre de vie, en lien avec les organismes de développement agricole,  
  • informer élus et habitants sur l’agriculture de l’agglomération, ses enjeux et ses externalités positives, afin de contribuer à une prise de conscience collective,
  • accompagner les initiatives communales en faveur du développement de l’agriculture vivrière et de l’éducation au « bien manger »,
  •  contribuer à la structuration des filières en participant aux actions menées par les partenaires.

Des actions engagées

Les actions  pour sécuriser le foncier agricole ont été menées dès 2016  :  

-  une veille foncière établie en lien avec l’EPFL et la SAFER pour limiter la spéculation foncière et réaliser des acquisitions stratégiques,    

- la prise en compte des conclusions de l’étude dans le Plan d’Aménagement et de Développement Durable du PLU intercommunal.

Les actions en faveur de l’installation et de la transmission des fermes ont également été engagées rapidement :  

L’Agglo a adhéré à l’association TREBATU créée en juillet 2016 pour porter le dispositif d’Espace Test en Agriculture au Pays Basque. Il permet à un porteur de projet de tester son activité. Plusieurs sites propices à la mise en place de couveuses en maraîchage sont identifiés.  

Une attention particulière a été accordée au développement de l’apiculture, favorable à la biodiversité en territoire urbain. Un apiculteur amateur a par exemple été autorisé à installer une dizaine de ruches sur une parcelle communautaire à Arrousets (Bayonne).  

L’Agglomération accompagne le projet de ferme pédagogique en permaculture, en lien avec la Ville de Bayonne, le GIP-DSU et l’association Graines de Liberté. Laquelle disposera début 2017 d’un terrain communautaire de bonne qualité agronomique à Habas (Bayonne)...  

+ d’infos ici.