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Les politiques publiques 

Le GIP DSU

Pour un développement social urbain équilibré

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Le GIP-DSU de l’Agglomération bayonnaise est la cheville ouvrière de la politique de la ville sur le territoire de l’agglomération. Ce groupement d’intérêt public met en œuvre le développement social urbain à travers le Contrat urbain de cohésion sociale (CUCS) et le Plan Local d’Insertion par l’économique (PLIE). L’occasion est donnée d’en savoir plus avec Sylvie Rebière Pouyade, directrice du GIP-DSU de l’agglomération bayonnaise, structure partenariale garante de la mise en œuvre de la politique de la ville de l’Agglomération Côte Basque - Adour.

Quand a été créé le groupement d’intérêt public GIP-DSU ?

Sylvie Rebière-Pouyade : Le GIP-DSU a été créé en 2001 - sur les traces de l’ancien contrat de ville intercommunal -, à l’initiative de l’Agglomération et de l’Etat avec le Conseil général, la Caisse d’Allocations Familiales auxquels sont venus s’ajouter l’Agence Régionale de la Santé (ARS) et la Ville de Saint-Pierre d’Irube. Cette dernière forme, avec les villes d’Anglet, Bayonne, Biarritz, Boucau, le territoire d’intervention du GIP-DSU (1). Le Groupement d’Intérêt Public est co-mandaté par ces partenaires pour agir en direction des territoires et des populations les plus fragiles de l’agglomération. La structuration en  groupement d’intérêt public permet de mutualiser l’ensemble des financements de la politique de la ville et de les redistribuer sous la forme de subventions. Nos principaux financeurs sont l’Etat et l’Agglomération, le Conseil général et le Conseil régional. 

Quel est le principal enjeu du GIP-DSU ?

Sylvie Rebière-Pouyade : Deux enjeux : le premier est de procéder à des diagnostics venant éclairer les politiques sur les problèmes qui affectent les populations les plus en difficulté. Le second est d’initier et de soutenir un programme d’actions qui répondent aux problématiques repérées, de les coordonner afin qu’elles infléchissent collectivement les situations des populations.   

Pour agir plus efficacement, des territoires ont été hiérarchisés selon les difficultés sociales rencontrées, et définis comme prioritaires à l’image du plateau Saint-Etienne de Bayonne. D’autres quartiers répartis dans l’ensemble de l’agglomération font également l’objet d’une attention particulière, à l’image des quartiers du bas Boucau, Saint-Esprit ou le Petit-Bayonne, et des quartiers à forte concentration de logements HLM dans les autres communes.  Cette politique découle d’études partenariales qui permettent ainsi de voir, dans les quartiers, les écarts de développement des territoires. Les indicateurs statistiques mettent en exergue des retards ou décalages de développement.

On peut ainsi constater sur le plateau Saint-Etienne, des écarts très nets en matière de réussite scolaire, d’accès à la santé ou encore d’accès à la culture,… L’objectif est donc de développer des actions avec les pouvoirs publics et les associations afin de rattraper ce retard. Pour ce faire, en notre qualité de structure d’ingénierie, nous publions de nombreuses études à la fois sur des thématiques et sur des territoires. Ce travail d’analyse nous permet d’engager de manière efficace et ciblée des actions concrètes afin de trouver des solutions.

Pour illustrer votre propos, nous pouvons évoquer l’exemple de la santé.

Sylvie Rebière-Pouyade : Plusieurs études ont en effet été menées dans ce domaine. Nous avons ainsi observé que des campagnes de prévention gratuites, soit de cancer du sein ou sur les problèmes de caries des enfants, connaissaient un faible taux de réponse sur la ZUS de Bayonne comparé au reste du territoire. Nous avons donc travaillé avec divers organismes de prévention pour engager des programmes d’actions sur les problématiques bucco-dentaires des enfants par exemple. Ainsi, dans le cadre du programme scolaire, les enfants bénéficient d’un dépistage et d’un suivi renforcé. Il en est de même pour les questions liées à l’obésité.  Si 3 % d’enfants sont obèses dans notre territoire (soit un chiffre inférieur qu’au plan national), il grimpe à 13 % sur la ZUS. A six ans, ces enfants cumulent souvent des pathologies et des écarts de développement déjà creusés en matière de santé. Les bilans de santé réalisés auprès des élèves des écoles maternelles attestent de l’existence d’inégalités de santé et d’accès aux soins pour les enfants scolarisés en ZUS.

 Or, l’examen des certificats de santé d’un 8ème jour souligne au contraire que les difficultés de santé à la naissance concernent plutôt des enfants domiciliés hors ZUS. Les quelques années qui séparent la naissance des bilans PMI/service de santé scolaire suffisent donc à creuser l’écart. Dans ce contexte, le développement d’un programme de promotion santé en direction de la petite enfance apparaît comme un enjeu majeur dont la politique de la ville doit se saisir.

Un « atelier santé-ville » est ainsi mis en place à Bayonne auprès du CCAS pour développer des actions en matière de prévention de soins. Car il ne faut pas se leurrer, pour les personnes en situation de précarité, l’accès aux soins arrive à la fin de leurs préoccupations. Il faut déjà savoir comment payer le loyer, la nourriture, satisfaire aux besoins premiers des enfants, etc.

C’est un autre éclairage de cette situation. Un travail social communautaire est donc mis en place pour voir par exemple comment manger mieux, cuisiner au lieu d’acheter tout fait, développer les activités physiques, repérer les problèmes de santé, etc.

Au-delà de cette politique globale de cohésion sociale, vous mettez en œuvre le Plan local d’Insertion par l’économique (PLIE). Pouvez-vous nous en préciser le principe et les modalités ?

Sylvie Rebière-Pouyade : Le PLIE a pour objet une prise en charge individuelle des personnes les plus en difficulté pour les amener vers l’emploi. Il a été créé pour venir renforcer le droit commun sur le territoire (Pôle Emploi, le Conseil général des Pyrénées-Atlantiques). Ses principaux financeurs sont les fonds européens - le PLIE rentrant dans le cadre de la politique de cohésion sociale de l’Europe - et les financements de l’Agglomération Côte Basque - Adour (2), avec une aide du Conseil régional et du Conseil général. Ce programme a donc pour ambition d’améliorer l’accès à l’emploi d’hommes et de femmes souvent exclus de longue date du marché de l’emploi. Certains n’ont parfois jamais travaillé sur le long terme. Leur situation résulte d’une accumulation de difficultés personnelles et sociales liées à un faible niveau de qualification, à leur situation familiale, à l’âge, au logement, à la santé ou encore du fait d’une marginalisation.

Il s’agit de demandeurs d’emploi de longue durée, de bénéficiaires du RSA, de jeunes peu ou pas qualifiés, envoyés par Pôle emploi, la Mission locale Avenir Jeunes Pays basque, le Conseil général ou encore les villes par le biais de leur Centre communal d’action sociale (CCAS). Ces personnes nécessitent un accompagnement renforcé. Près de 350 personnes sont ainsi suivies en file active (autrement dit à l’instant « T »). Chaque année, ce sont ainsi environ 450 personnes qui bénéficient de cet accompagnement. L’objectif est d’amener 50 % d’entre elles  à intégrer un emploi (ou une formation qualifiante) et à s’y maintenir au moins six mois. Nous parvenons à ce résultat grâce à l’action de cinq référents insertion d’emploi qui travaillent pour le compte du PLIE dans des structures extérieures partenaires. Ces référents accompagnent  70 personnes en file active, là où d’autres dispositifs sont contraints d’en suivre trois à quatre fois plus. C’est pourquoi nous parlons d’un suivi « cousu main ». 

 Le PLIE fête cette année ses 10 ans, preuve de son efficacité.

Sylvie Rebière-Pouyade : Il a en effet été créé en juillet 2003. Ce dispositif a été très fortement soutenu par l’Agglomération, et notamment par son président, Christian Millet-Barbé, l’élu en charge de la politique de la ville à l’Agglomération, par ailleurs président du GIP-DSU. En dix ans, environ 1 780 personnes ont ainsi été accompagnées par le biais de ce dispositif. Parmi elles, certaines affichent de beaux parcours d’insertion, ou même de réussites professionnelles.

 Le GIP-DSU a donc une double vocation :

Sylvie Rebière-Pouyade : Il s’agit bien d’amener les collectivités territoriales et l’Etat à prioriser leurs interventions sur les territoires de la politique de la ville, à y organiser des  actions  au bénéfice des populations les plus en difficulté dans les domaines de l’éducation, de l’emploi, de l’habitat et du cadre de vie, de la cohésion sociale…Ces actions sont encadrées par un appel à projet annuel : les actions retenues visent ainsi à traiter des situations de décrochages constatés. Le GIP-DSU reçoit des fonds de l’Etat, de l’Agglomération et du Conseil Général qui permettent de financer chaque année entre 80 et 100 projets inscrits dans cette dynamique sur nos territoires.Nous pouvons ainsi citer à titre d’exemple : les Maimorables, l’appui à l’Autre TV, les actions éducatives dans les écoles à l’image d’Educazep. Nous finançons également les collectifs d’habitants, des actions menées par  ATD Quart monde dans le cadre de leur festival, le festival Baiona, des actions ciblées au sein du collège Albert-Camus de Bayonne, ou dans le cadre de la lutte contre les discriminations. Notre but étant de voir comment ces actions collectives ont du sens et répondent aux enjeux fixés. Il s’agit d’une démarche très collective et très participative impliquant les habitants eux-mêmes. 

(1)  Pour le PLIE s’ajoute à ce territoire la ville de Bidart.

(2)  L’Agglomération Côte Basque - Adour finance le PLIE à hauteur de 160 000 euros