De sacrées espèces en voie d'apparition
« Des espèces en voie d’apparition ». Tel est le thème de l’étonnante exposition de François Riou, sculpteur et plasticien, proposée à la plaine d’Ansot jusqu’au 28 août. Une invite à la découverte d’un bestiaire unique en son genre, réalisé à partir d’objets de récupération.
D’une capsule de Perrier, d’un pot de confiture, peuvent naître une crevette. Des ballons de foot donnent vie à un escargot géant. Des cintres en plastique ou fourchettes s’improvisent squelettes. Opercules, sachets, bouteilles de verre, peuvent se transformer comme par magie en papillons, coléoptères, insectes en tout genre.
Tout matériau d’emballage, objet de récup, connaît une seconde vie après être passé sous les doigts d’orfèvre de ce graveur de formation, aujourd’hui plasticien et sculpteur de renom. Même les touches de téléphone et d’ordinateur trouvent grâce à ces yeux et donnent vie à des œuvres remarquables, des animaux d’un genre nouveau, des pièces uniques en leur genre. Dans son exposition "des espèces en voie d'apparition" présentée à la Maison des Barthes de la Plaine d'Ansot, l'artiste François Riou crée un bestiaire à partir d’objets et de reliefs du quotidien, premiers témoins de notre société de consommation.
De ces matériaux d’emballage issus de la grande distribution, l’homme a donné vie petit à petit à une collection entomologique originale. Laquelle se nourrit en permanence de créations nouvelles sorties de son imaginaire prolifique.
Le « naturaliste de grande surface » tel qu’il se définit a commencé cette étonnante collection il y a six ans.Son parti-pris artistique ? Réaliser un muséum d’histoire naturelle à partir de ces matériaux issus de la grande distribution. Après avoir exposé aux muséums d’histoire naturelle de Rouen et de Neuchâtel en Suisse, l’artiste poursuit son travail artistique à Bayonne.
Pour cette exposition proposée au sein du Muséum d’histoire naturelle, en plein cœur de la Plaine d’Ansot, l’artiste a étoffé son exposition d’œuvres aux couleurs locales, à savoir une série d’insectes réalisés à partir de documents mettant en scène la vie locale : une carte touristique, un dépliant culturel, etc.
Un bestiaire visionnaire
Là dans cette pièce de la maison des Barthes, les insectes en tout genre, nés de matériaux improbables, ornent les murs. Ces oeuvres reflètent l’ambition de l’artiste en faveur d’un bestiaire quasi visionnaire. « Dans mon projet, j’ai souhaité le croisement entre l’art et la science ». Avec cette idée de mutation qui est très prégnante. « Aujourd’hui, on peut assister à des évolutions que l’on imaginait impensables il y a encore cinquante ans, comme relevant du futur. »
Ses œuvres le reflètent comme elles laissent à voir sa vision du renouveau. L’homme n’aime pas le terme de recyclage. « Je travaille à la métamorphose de certaines matières, d’objets de récupération. » L’artiste revendique aussi cette idée de « faire du beau avec du rien ». « Ma démarche est esthétique et sociétale. Je travaille seul, avec des matériaux pauvres. Mon propos est bien de remodeler l’image sociale du « tout objet « dans un jeu des apparences et du sens. »
L’artiste travaille également les matières de manière à capter la lumière, à l’image de son « tatouch » composé de touches de téléphone argentées, l’une de ses plus belles oeuvres de « l’ère digitale ». Et sûrement l’une des œuvres appelées à s’attirer les faveurs du public.
Exposition à découvrir jusqu’au 28 août, à la maison des Barthes de la Plaine d’Ansot, du mardi au dimanche de 10h30 à 12h30 et de 13h30 à 18 heures. Ateliers et animations pour enfants et adultes pendant toute la période de l’exposition. Tel. 05 59 42 22 61 et sur ansot.bayonne.fr
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