« le lien entre une problématique globale apparemment impalpable et un outil concret. »
Chargée de projet qui coordonne l’ensemble des opérations pour la Communauté d'Agglomération du BAB et les trois villes, Corinne Courrèges était en charge de la définition et du cadre de la mission, de la consultation des prestataires et de sa validation par les élus. Ensuite, elle a assuré la coordination entre la une soixantaine de personnes qui ont contribué à l’élaboration du bilan carbone.
Qui a initié la mise en place du plan climat territorial et du bilan carbone ?
La décision est venu de M.Borotra président de la Communauté d'Agglomération de BAB sur proposition de Michel Veunac, président du conseil consultatif pour l’environnement et le développement durable en charge de ces politiques. Il était également en charge de la charte de l’environnement lancée en 1998 et il a souhaité la poursuivre avec un programme en adéquation avec l’actualité. Aucune loi ne nous impose ce bilan carbone, c’est une démarche complètement volontaire. Néanmoins cela pourrait devenir obligatoire suite au Grenelle de l’environnement.
Comment s’est passée la démarche avec les trois villes ?
La Communauté d'Agglomération du BAB est une entité en soi avec ses bâtiments et ses activités. En décembre 2006, elle a décidé de se lancer dans un bilan carbone et a présenté cette réflexion aux trois villes afin qu’elles la rejoignent. Cela a été décidé en août 2007. Nous avons ensuite lancé rapidement la consultation pour une démarche groupée. Au final, nous avons réalisé un bilan carbone pour le territoire global de la communauté d’agglomération et quatre bilans patrimoine et services pour chacune des entités, c'est-à-dire la Communauté d'Agglomération du BAB et Bayonne, Anglet et Biarritz.
Combien de personnes ont été impliquées dans ce bilan carbone ?
Il y a des référents politiques et techniques pour suivre la démarche mais également des techniciens consultés. Une soixantaine de personnes venant des services des trois villes ont été sensibilisées. Nous avons eu des réunions pour expliquer le réchauffement climatique et le lien avec le bilan carbone et la démarche que nous allions entreprendre.
Comment a été perçu ce travail d’analyse lié à une démarche environnementale ?
Chacun, selon ses prérogatives, est sensibilisé à une gestion plus rationnelle. Si on économise des ressources sur un plan environnemental, on en économise aussi sur un plan financier. Il y donc a un intérêt d’efficacité pour une entreprise ou une collectivité. Les personnes que j’ai contacté étaient déjà sensibilisées à une gestion efficace de l’énergie avec, par exemple, une rigueur quand à la consommation en énergie des bâtiments dont ils ont la responsabilité. Par contre, le lien avec la question du réchauffement climatique n’était pas dans les esprits.
Est-ce que les personnes qui ont participé à ce bilan carbone restent motivés sachant qu’elles ne peuvent pas influer sur ce qui se passe à l’autre bout de la planète ?
C’est un long chemin mais les particuliers ont tous conscience qu’il faut faire quelque chose. C’est lié à la médiatisation actuelle des problèmes d’environnement. Il y a des attentes mais les particuliers sont peut-être prêts à abandonner leur voiture si on leur offre des solutions de transport en commun. De la même façon, ils sont prêts à jouer le jeu des économies d’énergies de leurs habitations. Ils attendent des collectivités les mêmes efforts et qu’elles les accompagnent et participent aux changements des modes de vie.
Avant la publication du bilan officiel, quel bilan personnel tirez-vous ?
J’ai remarqué une attention particulière des personnes des trois communes sur cette question. Il y a même eu un phénomène de bouche à oreille et certaines personnes sont venues participer à des réunions alors qu’elles n’avaient pas pu être présentes aux premières réunions. L’avantage de ce plan climat et du bilan carbone est que l’on voit concrètement le lien entre une problématique globale apparemment impalpable et un outil concret. Il y a une économie financière réalisable à court terme qui se double d’une action environnementale et sociale.






