« Les déchetteries apportent une vraie solution »
La déchetterie du Pont de l'Aveugle d'Anglet ne désemplit pas. Quatre agents parmi lesquels Catherine Apied Hernandez se relaient pour assurer l'accueil quotidien du public.
ls sont douze agents à œuvrer au quotidien dans les trois déchetteries exploitées par l’Agglomération Côte Basque – Adour (1). Catherine Apied Hernandez est la seule femme de l’équipe. Ce métier elle l’a choisi en connaissance de cause, après avoir passé un CAP de gestion des déchets propreté urbaine à Bordeaux. « Il faut aimer travailler dehors, au contact direct avec le public. Et avoir une certaine carapace, c’est évident. » Sans compter l’aspect physique du métier.
Après dix ans au poste d’agent de déchetterie, - à la station Saint – Frédéric de Bayonne pour son ouverture en 2000, puis à la déchetterie du Pont de l’Aveugle d’Anglet -, Catherine a trouvé son équilibre.
« J’aime le côté relationnel de ce métier, conseiller les gens, et être à l’air libre. J’apprécie aussi le mouvement, que ça bouge ». Elle a d’ailleurs souhaité gagner la déchetterie d’Anglet pour son activité plus dense. « Nous avons des passages récurrents toute l’année avec des pointes enregistrées au printemps par exemple, avec les déchets verts. Et l’été, avec l’afflux touristique. Nous avons eu des pointes jusqu’à 800 passages par jour ».
Cette hausse de la fréquentation s’explique d’abord par les services mis à disposition de la population. « Pensez qu’il y a quelques années encore, nous n’avions pas de bennes à bois ou à gravats. Aujourd’hui, on ne peut plus s’en passer. » Au tout venant, cartons, déchets verts, journaux et verre du départ, l’offre s’est encore étoffée avec la réception de déchets d’équipements électriques et électroniques, de déchets ménagers de soins, de déchets ménagers spéciaux, l’armoire à produit toxique. Du fait de cette offre de services élargie, 19 154 tonnes ont ainsi été réceptionnées sur les trois déchetteries en 2010.
« Où est-ce que je dépose ça » l’interroge un énième usager en cette matinée d’automne. « C’est la question la plus fréquente, sourit Catherine. L’autre question récurrente porte sur le recyclage des déchets et leur devenir. « Avec la mise en place du tri sélectif, les nombreuses sensibilisations, cette thématique est devenue intéressante pour les gens » indique la dame, toujours encline à aider les personnes âgées ou en difficulté à jeter leurs déchets dans les bennes adaptées. « Il arrive parfois que des personnes s’apprêtent à jeter des objets pratiquement neufs. Dans ce cas, nous leur conseillons de les donner à Emmaüs qui dispose d’un espace référencé à la déchetterie pour récupérer des objets et leur donner une seconde vie. D’autant que ça participe d’une bonne cause. » À son poste d’observateur privilégié, Catherine sent que la consommation est toujours plus importante. La hausse de tonnage des déchets d’équipements électriques et électroniques a par exemple répercuté la folie des téléviseurs à écran plat. Autre tendance observée : les visiteurs viennent davantage et avec de petits apports. « Preuve qu’une habitude s’est instaurée ». De fait, se réjouit Catherine, les déchetteries apportent une vraie solution. « Et notre métier s’avère plus qu’utile. Une chose est sûre, ce n’est pas un métier en voie de disparition... » Il est midi, l’engin venu compacter les bennes est arrivé (lire par ailleurs). « C’est une petite révolution. Ca réduit le volume des bennes que les transporteurs viennent chercher pour amener dans les différentes filières de recyclage. Et donc de limiter les coûts de transferts. C’est un autre bon point. »
(1) Il s’agit des déchetteries de Saint-Frédéric à Bayonne, du Pont de l’Aveugle à Anglet et de Ranquine à Biarritz. Une quatrième déchetterie est en projet au nord du territoire pour satisfaire notamment aux besoins des habitants de Boucau.






