ESTIA, l’allié des futurs ingénieurs
L’Ecole Supérieure des Technologies Industrielles Avancées (ESTIA), sise dans la technopole Izarbel de Bidart, forme les ingénieurs de demain dans l’aéronautique, les énergies, l’informatique, l’automobile. Ses atouts ? Une formation d’ingénieur trilingue (1) et ses liens avec l’entreprise. Entretien avec Jean-Roch Guiresse, son directeur.
Quels sont les atouts de l’ESTIA ?
Nous veillons au caractère trilingue et pluridisciplinaire de notre enseignement, pour faire de futurs ingénieurs responsables de projets d’innovation, entreprenants. Son enracinement au sein d’une région transfrontalière dynamique fait qu’aujourd’hui l’ESTIA est privilégiée au profit d’écoles plus renommées. Adossée aux entreprises socio-économiques, elle a su orienter son activité vers les besoins du territoire.
Ce caractère trilingue est un atout maître.
Nous avons tissé des liens étroits avec l’Ecole d’ingénieurs de Bilbao, trois universités de Grande-Bretagne. Nous définissons ainsi le bouquet de compétences d’un futur ingénieur pour satisfaire aux besoins de l’avenir, ainsi que la répartition équilibrée des enseignements.
Pluridisciplinarité, autre force.
Nos étudiants acquièrent une solide formation scientifique et technologique en mécanique, électronique, énergétique, informatique avancée et télécommunications. On fait ici de la mécanique de très haut niveau pour les produits sportifs de compétition, de l’électronique automatique, de la robotique, de l’informatique, de la conduite de projets, l’économie et la gestion. Le développement durable est devenu prépondérant dans nos formations, avec en projet une filière liant la systémique et les énergies renouvelables. Les programmes, comme le recrutements, sont chargés mais équilibrés. Nos élèves viennent d’écoles préparatoires, mais aussi d’IUT. Chaque année, 130 nouveaux élèves entrent pour une formation de trois ans. 130 autres en sortent diplômés.
Quel est l’impact de la formation sur la région
Sur les 154 ingénieurs entrants, 25 % viennent d’Aquitaine, dont 5 % du Pays basque. 15 % de ces 154 étudiants restent ensuite dans le bassin d’emploi. Ceux qui partent à l’étranger continuent de penser Pays basque en termes de fournisseurs, etc. Et beaucoup reviennent s’y installer, forts de leur expérience
L’ESTIA est tourné vers des secteurs de pointe.
L’ESTIA propose des masters, en lien avec les universités partenaires (2). Elle compte une équipe d’ingénieurs consultants au service des entreprises via ESTIA-innovation. Notre département ESTIA-entreprendre joue un rôle primordial dans l’accompagnement des créateurs dans l’incubateur, ainsi que dans le soutien aux jeunes entreprises en pépinière. Il permet l’accueil d’entreprise à fort contenu technologique dans l’informatique industrielle, la mécatronique, les TIC, l’énergétique, les technologies de conception et de fabrication et l’ingénierie du sport. En 10 ans, plus de 75 entreprises et 780 emplois ont été créés. L’ESTIA participe également aux clusters régionaux et pôles de compétitivité comme Aerospace Valley dont la zone Technocité Bayonne Anglet Biarritz fait partie. J’espère de tout cœur que nous réussirons le lancement de la plateforme Compositadour et l’animation de Technocité confiée par la Communauté. L’idée est de convertir un maximum d’entreprises industrielles à l’utilisation des composites. Elles trouveront sur place des équipements et une équipe compétente pour les soutenir.
(1) Cette formation est accessible sur concours aux étudiants issus de classes préparatoires ou de DUT, ou sur dossier après une licence ou une 1e année de master.
(2) L’ESTIA propose un master en formation continue, un master spécialisé labellisé par la conférence des Grandes écoles, un MBA « Change management for MRO activities » qui prépare aux responsabilités dans le domaine du soutien opérationnel aux clients en aéronautique et systèmes industriels stratégiques.
« Les débouchés sont nombreux » Barbara Willemsen sait ce qu’elle veut. Son caractère trempé, elle l’assume. « Mieux vaut l’avoir en école d’ingénieur ». L'ESTIA ne compte, il est vrai, que 10 % de femmes. L’étudiante de deuxième année en Organisation et Option industrielle (1) y acquiert une formation scientifique et technologique en mécanique, électronique énergétique, informatique avancée et télécommunications. A 23 ans, elle a « le souci du travail bien fait et des projets qui aboutissent ». Après un bac scientifique, Barbara a préféré « à une classe prépa un DUT Qualité Logistique Industrielle et organisation à Agen ». Là, elle a trouvé ce qu’elle aime, « l’ordonnancement, le pilotage de projets. » Elle a ensuite opté pour l’ESTIA, pour « la qualité de son enseignement, sa situation géographique, et le système d’apprentissage en alternance. » Une nouveauté. Barbara a donc intégré Turboméca, où elle travaille à son sujet d’innovation technologique : « l’amélioration de la qualité des fournisseurs de la ligne de réparation du moteur Arrius ». Une expérience formatrice, et de belles rencontres humaines. En 2011, plusieurs débouchés s’offriront à elle dans l’aéronautique, l’automobile, l’électronique, l’informatique, etc. « Avec cette spécialisation, je peux devenir chef de projet, responsable de production, de lignes. » Avec l’enseignement trilingue, les horizons sont de fait plus larges. Si elle ne trouve pas d’emploi ici, Barbara s’envolera pour le Canada. Pour l’heure, il lui reste deux ans, à se partager tous les trois mois entre école et entreprise. « J’aborde ces échéances avec plaisir, car l’école est dynamique et fédératrice. » Pour preuve la dizaine d’associations venue souder la brillante communauté. (1) Les deux autres spécialités : Conception généralisée de produits mécanique et électronique ; Systèmes embarqués, robotique, mécanique.
ISA BTP, en pointe sur la construction
Nicolas Bidondo fait partie des 38 derniers diplômés de l’ISA-BTP, l’école d’ingénieurs sise sur le campus Montaury d’Anglet. 80 % d’entre eux ont déjà trouvé un emploi, parfois même avant la fin de leur diplôme. C’est le cas de Nicolas. À 23 ans, cet ancien élève du lycée voisin de Cantau (1) – autre valeur sûre –, passionné par l’univers des bâtiments et travaux publics, a trouvé un emploi d’ingénieur d’études dans un bureau d’études proche de son village de Lasse. Une société qu’il a connue dans le cadre des stages en entreprise effectués au cours des cinq années passées au sein de l’ISA.
« Ces stages, d’une durée totale de 67 semaines minimum, sont un véritable tremplin vers le monde de l’entreprise », concède André Joie, directeur de l’ISA BTP. « Ils nous permettent de nous spécialiser et de mieux choisir notre option au début de la 4e année, indique Nicolas. J’ai ainsi opté pour le génie civil. » Nicolas, comme du reste les 210 étudiants aujourd’hui inscrits (2), a choisi le monde du BTP comme futur univers. L’école publique d’ingénieurs les prépare à un large panel de métiers : conducteur de travaux, ingénieur en bureau d’études, de contrôle, maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre.
Les enseignements se répartissent entre cours magistraux, cours théoriques et travaux à mener pour les entreprises. Ils deviennent vite opérationnels, répondent aux besoins des sociétés du BTP. Pour preuve, 95 % des étudiants sortis de l’ISA depuis 2001 ont trouvé un emploi de cadre dans une société du BTP. 38 % sont dans des PME locales, 60 % dans de grands groupes nationaux et internationaux. Pour répondre au mieux à la demande des entreprises, l’école adapte ses formations. Cette année, elle offre ainsi la possibilité à ses étudiants de valider, en plus du diplôme d’ingénieur, un master d’administration des entreprises en accord avec l’IAE. Elle propose aussi aux étudiants de l’option travaux publics, un nouveau parcours sur le traitement de l’eau en lien avec l’ENSGTI de Pau. L’ouverture d’un master 2 en travaux maritimes mené avec Bordeaux I est par ailleurs prévue en 2011. Certains des étudiants en 5e année de l’ISA pourront y accéder. De plus, un projet de collaboration est engagé avec l’école d’architecture de Bordeaux. Enfin, l’école continue de développer les relations internationales, via des stages à l’étranger, des projets de développement solidaire. Le directeur André Joie s’est en outre fixé ne double priorité : « améliorer la lisibilité de l’école au sein de l’UPPA et de la Région, et faire que l’école s’inscrive toujours plus dans le grand champ de l’employabilité du BTP ». Dans ce cadre, l’ISA-BTP entend s’impliquer dans le projet de grand pôle d’écoconstruction initié par la Communauté (lire ci-dessous).
(1) Le lycée Cantau a inauguré le bac pro de technicien du bâtiment études et économie, pour préparer les assistants de bureau d’études et d’architectes de demain. Il forme chaque année près de 1 500 élèves dans les métiers du bâtiment et des travaux publics, au travers d’une trentaine de cursus dans des filières professionnelle et technologique, allant du CAP au BTS.
(2) La formation est de cinq ans pour les bacs S et S STI génie civil, et de trois ans pour les titulaires d’un bac + 2 génie civil.
(3) De leur côté, les étudiants chercheurs de l’ISA-BTP poursuivent leurs activités au sein du Lasagec (labo de recherche associé à l’école)., participent au développement scientifique et technique du génie civil et du génie côtier.







