Jean-Louis Gout, président de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, témoigne de sa vision d’avenir pour les campus de la côte basque.
Quel regard portez-vous sur le développement universitaire des campus de la côte basque
A l’évidence le développement de l’UPPA s’est accéléré à mesure que les campus de la Côte Basque, à Bayonne-Saint Crouts d’abord puis conjointement sur les sites de Bayonne/La Nive et d’Anglet/Montaury, ont bénéficié d’investissements considérables, inscrits notamment dans le contrat de plan Etat Région 2000-2006.
Il faut rappeler la part décisive prise d’abord par le district BAB dans les années 70/80, puis par la Communauté d’Agglomération Bayonne Anglet Biarritz en termes de financements de ces opérations qui pouvaient également compter sur les subventions du Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques et du Conseil Régional d’Aquitaine, ainsi que sur la participation de l’Etat mais souvent à un niveau moindre pour la part investissement.
Cette volonté permet aux territoires concernés de bénéficier, dans un cadre de vie exceptionnel, de structures universitaires de qualité (formations, recherche, transfert de technologie,…) qui font partie des atouts actuels et futurs, nécessaires à leur essor économique, social et culturel.
Les diverses et récentes évaluations effectuées par des experts indépendants (en particulier par l’Agence d’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur) ont non seulement officialisé la qualité de formations universitaires dispensées à tous niveaux (DUT, Licences, Masters, Ingéniorats, Doctorats) sur les campus précités de la Côte Basque, mais également la valeur reconnue de niveau national ou international de plusieurs laboratoires de recherche implantés sur ces sites, à l’image du Centre de Documentation et de Recherches Européennes excellemment noté, du Centre de Recherche sur les Langues et les textes basques IKER ou des laboratoires ECOBIOP (Ecologie Comportementale et Biologie des Populations de Poissons), LASAGEC lié à l’Ecole d’Ingénieur ISA BTP (Institut Sud Aquitain du BTP) pour ne citer que quelques domaines, d’autres étant concernés par des équipes incluses dans les laboratoires multisites de l’UPPA.
Enfin il est important de noter que la croissance régulière du nombre d'étudiants inscrits à l’UPPA sur l’ensemble des deux campus Côte Basque est telle que 3500 étudiants devraient y être inscrits en fin du prochain contrat quadriennal en 2014.
Comment l’UPPA accompagnera-t-elle le dynamisme et l’attractivité des campus de la côte basque ?
Afin d’accompagner et consolider le dynamisme et l’attractivité constatés sur ses campus Côte Basque, l’UPPA va poursuivre et accélérer sa politique de structuration des équipes de recherche qui y sont implantées et de diversification de l’offre de formation dispensée sur les UFR implantées sur la Côte Basque, l’UFR Pluridisciplinaire, l’IAE et l’IUT sur le campus de Bayonne/La Nive, l’UFR Sciences et Techniques et l’IUT sur le campus d’Anglet/Montaury, en confortant plusieurs pôles de compétences appelés à se densifier quantitativement et qualitativement :
Pôle de compétences « questions Européennes et Internationales Pôles de compétences « Ressources Aquatiques » concernant également l’INRA et l’IFREMER
De plus le choix de l’UPPA de privilégier l’axe stratégique transverse « coopération transfrontalière-Trilinguisme » qui nécessite des moyens importants, notamment en ressources humaines, est un atout pour les campus de la Côte Basque dont on connaît l’antériorité et l’implication dans ces thématiques.
L’UPPA qui envisage après discussion avec ses partenaires de proposer la création d’instituts liés à tel ou tel de ces pôles de compétence sait également pouvoir compter sur l’appui des collectivités territoriales en termes d’investissements pour la vie étudiante– transports, logements, maisons internationales pour accueillir étudiants et chercheurs étrangers- qui viendraient conforter les objectifs précités.
Enfin il faut souligner que plusieurs équipes de recherche de la Côte Basque sont impliquées dans des dossiers présentés par l’UPPA en réponse aux appels d’offres des investissements d’avenir proposés par l’Etat (grand emprunt).
Quelle sera la place, demain, de l’UPPA dans la carte de l’enseignement supérieur au niveau européen, national et régional ?
Effectivement, l’UPPA, à la quasi unanimité de ses instances de délibération (conseil d’administration et congrès) a proposé que l’enseignement supérieur et la recherche en Aquitaine se structurent sous la forme d’une université d’Aquitaine en réseau.
Cette proposition, jugée positivement par le Président du Conseil Régional, a fait l’objet de discussions permanentes, notamment avec les Présidents des Universités Bordelaises.
Chacun sait que plusieurs projets européens recommandent implicitement un regroupement des universités, notamment celles situées sur un même site. De plus le projet d’initiative d’excellence (« campus d’excellence ») précité peut accentuer ce processus : l’UPPA est favorable à l’idée de travailler en réseau au niveau aquitain sans pour autant oublier les atouts liés à sa pluridisciplinarité, à son caractère multisite, et à la qualité de ses coopérations transfrontalières ou avec le pôle toulousain.
Par ailleurs, compte tenu des synergies spécifiques créées au cours du temps sur chacun de ses sites, l’UPPA propose la création de commissions de sites (une pour l’ensemble BAB) composées par exemple de représentants du monde académique, des collectivités territoriales concernées, du monde socio-économique,…
Cette commission pourrait non seulement aborder les questions liées à la vie étudiante mais également, selon des modalités à préciser, des questions d’ordre stratégiques. Elle permettrait de mesurer, quasiment en temps réel le rôle stratégique joué par notre université sur les territoires du BAB et étudier les projets structurants spécifiques proposés sur le site.






