samedi 26 mai 2012
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Préserver le cadre de vie Des acteurs sur le terrain

Des acteurs sur le terrain

Un ripeur en action

« La tournée s’est bien déroulée ». Il est près de midi, Patrick Joseau vient d’achever la tournée de collecte des ordures ménagères débutée à 5h30. Ce rituel, il le pratique six jours par semaine, à l’image des 74 agents du service « gestion des déchets » affectés à la collecte.

Son équipe, composée de deux autres ripeurs, a récupéré  les ordures ménagères de quartiers ciblés dans les trois villes du BAB, avant de les décharger sur le quai de transfert de Bacheforès, où des camions les récupèrent pour les acheminer vers le site de Lapouyade en Gironde.

Chaque année, 39 000 tonnes d’ordures ménagères résiduelles sont ainsi collectées.

À 55 ans, Patrick Joseau fait figure d’ancien. Son entrée au service de gestion des déchets du District d’alors remonte en 1986. D’abord ripeur, il est ensuite devenu chauffeur de camion-benne.

En 23 ans de métier, il a pu juger de l’évolution de la gestion des déchets, utile à la société, vitale pour l’environnement. « Pensez. Il est loin le temps où les déchets fermentaient dans des décharges à ciel ouvert. Aujourd’hui, la gestion des déchets est très règlementée, en évolution permanente ».

Les nouvelles règlementations européennes imposent la mise en conformité des structures, l’acquisition d’équipements adaptés, à l’image de la flotte des camions à ordures nouvelle génération.

Le tri sélectif a fait son apparition, générant de nouvelles habitudes, des coûts également. « La taxe d’enlèvement des ordures ménagères a évolué du fait de ces adaptations règlementaires liées à la collecte mais aussi au traitement des déchets ».

Pour lui, plus que jamais, la sensibilisation citoyenne doit opérer. Car la population ne se rend pas toujours compte de la complexité de cette gestion venue impacter sur l’environnement, la qualité de vie.

Parmi les évolutions, il loue la mise en place du tri sélectif. « Ce service n’a cessé de s’étendre. Aujourd’hui, on recycle jusqu’aux cartonnettes ». Reste selon lui à sensibiliser toujours plus les gens, pour ne pas opérer de mauvais mélanges dans les sacs transparents. « Car le déchet intrus viendra grossir les rangs des refus de tri. Son traitement coûtera alors le triple d’un traitement normal ».

Il note aussi une amélioration des conditions de travail depuis la mise en place des bacs roulants. Il apprécie encore la mise en place des containers, collectifs et individuels. « Ils participent des efforts engagés en matière de propreté urbaine et sont bien intégrés au paysage ». Même s’ils n’évitent pas les dépôts sauvages. « Là encore, ce sont des gestes isolés ». Comme du reste ceux de certains restaurateurs et commerçants peu enclins à suivre les bonnes règles de tri et de dépôt. « C’est une question de respect pour notre travail, pour la société aussi»…

Un conseil utile

La déchetterie Ranquine de Biarritz ne désemplit pas. Des trois déchetteries exploitées par la Communauté (1), elle concentre le plus de passage avec celle d’Anglet. Rachid Zerouali, d‘abord ambassadeur du tri en emploi jeune, y est agent depuis neuf ans. Il a observé la hausse continue de fréquentation en ces lieux.

Sur les 67240 tonnes de déchets collectés sur l’agglo, 20548 tonnes transitent en effet par ces déchetteries ouvertes en continu sept jours sur sept. Selon lui, outre la prise de conscience citoyenne, l’offre de services explique cet engouement. « Au départ, nous récupérions le tout venant, le carton, les déchets verts, les journaux et le verre. L’offre s’est ensuite élargie aux bois, gravats, déchets ménagers spéciaux, déchets de soins des ménages, et les D3E, déchets d’équipements électriques et électroniques».

« La population trie de plus en plus, c’est une évidence ». A ses côtés, Xavier Louis acquiesce. Avec leurs autres collègues, ils distillent conseils et aide aux personnes venues déposer de la pile usagée au lave-linge, en passant par les déchets verts… Ces derniers figurent d’ailleurs en tête des déchets récupérés, avec le « tout-venant ».

« Notre travail consiste à indiquer au mieux les gens. Nous insistons sur les bons gestes et motivons les refus de produits, à l’image des extincteurs, pneus, bouteilles de gaz (1). »

Leur rôle ne se cantonne pas au conseil. Ils accueillent également les transporteurs venus retirer ces déchets pour les transférer vers les centres de tri, filières de recyclage, de traitement et de valorisation.

Les déchets verts seront apportés vers une unité de compostage à  Itxassou. Le bois sera recyclé en paillages. D’autres déchets trouveront leur utilité ailleurs, les gravats seront ainsi apportés à Saint-Martin-de-Seignanx pour aider au remblaiement d’un site… Rachid aime à se dire que son métier, « agréable de par le contact avec la population », est plus que jamais utile à la société. « Et ça, c’est important »… 

(1) Il s’agit de la déchetterie du pont de l’Aveugle à Anglet, celles de Ranquine à Biarritz et de Saint-Frédéric à Bayonne. Une quatrième est à l’étude.

Ouvert au public du lundi au samedi de 8 heures à 12h45 et de 13h30 à 18 heures, et le dimanche de 9 heures à 12 heures.

 

Les messagers du tri à votre service

 « Que faire du papier d’emballage du chocolat ? Et la bouteille d’huile, je la mets dans le sac transparent ou pas ? » Les interrogations de cette habitante du BAB s’ajoutent à la longue liste recensée par les ambassadeurs du tri lors de leur tournée en porte à porte. Leur mission ? « Faire progresser la quantité de déchets recyclés, améliorer la qualité du tri en diminuant le taux de refus. Et encourager les citoyens à moins produire à la source, car le déchet le plus facile et le moins coûteux à éliminer est celui que l’on ne produit pas» sourit Brigitte Doreau, référente des six messagers du tri recrutés en janvier 2009 par la Communauté. Près de 13000 foyers du BAB ont ainsi été contactés en 2009. « Le contact direct est essentiel pour faire passer des messages concrets », estime Brigitte Doreau. Laquelle se réjouit de « l’intérêt croissant manifesté par la population. « La prise de conscience est réelle ». Pour preuve, l’amélioration du tri et des collectes sélectives. Lesquelles ont déjà permis de détourner de 16 % en poids des ordures ménagères résiduelles. Des résultats encourageants, mais qui restent à améliorer. L’objectif fixé est en effet de détourner 25 % à l’horizon 2015.

A 52 ans, Brigitte Doreau se réjouit de participer de cette prise de conscience environnementale. Forte d’un DESS management de l’environnement, elle s’est intéressée de près au rôle des déchetteries pour la communauté du grand Lyon. Etre aujourd’hui ambassadrice du tri lui permet de s’inscrire dans cette continuité environnementale. «Nous pouvons cerner les attentes de la population et s’en faire l’écho auprès du service environnement de la Communauté et de Bil ta Garbi ». Ensemble, ils mûrissent des plans d’action pour anticiper les besoins des habitants du BAB. Et toujours mieux les informer. Les nouveaux outils mis en place à l’image du mémo-tri, de l’autocollant Stop Pub - répondent de ce souci d’information. Dans leur tournée, munie de ces précieux sésames, Brigite Doreau s’évertue à rappeler les bons gestes de la collecte sélective, les déchets à recycler dans le sac transparent à différencier des ordures ménagères. Elle insiste particulièrement sur les emballages métalliques et les cartonnettes, récemment intégrées à la collecte sélective.Brigitte Doreau et ses confrères veillent à donner les bons gestes afin d’éviter les erreurs de tri. Et de fait les refus de tri. « Une bouteille mal vidée par exemple ira directement en refus de tri. Au final, un déchet mal aiguillé revient trois fois plus cher à la collectivité, donc aux contribuables ». L’objectif de la communauté est donc de réduire de 6 % le taux de refus de tri de la collecte sélective des emballages. Ils savent que le bât blesse à ce niveau. Chaque mois, les ambassadeurs du tri procèdent au tri des déchets de la collecte sélective pour juger de l’avancée des pratiques. « Les mois se suivent et ne se ressemblent pas. D’où l’intérêt d’informer  encore et toujours ». Si lors de leur tournée, les éboueurs signalent des erreurs récurrentes, les ambassadeurs préfèrent jouer la carte de la prévention en revenant faire du porte à porte dans les rues concernées. Ces gestes éco-citoyens, les ambassadeurs les diffusent également lors de rassemblements populaires : à Lurrama par exemple, ou Glisseguna… Ils agissent également auprès de publics relais, comme les collectivités. Plus encore, ils interviennent dans les écoles auprès des enfants qui s’avèrent être de précieux alliés… les enfants.  A leur contact, au sein des écoles de l’agglo, les ambassadeurs du tri se réjouissent d’une implication évidente. « Ils se sentent très concernés, se font le relais auprès de leur famille, glisse Brigitte Doreau. C’est une bouffée d’espoir ».  

 (1) Les six ambassadeurs mis à disposition de la Communauté font partie des 15 recrutés par Bil ta Garbi. Soit un ambassadeur pour 20 000 habitants

 

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